chemin de carême

Chemin du Carême…

Marc I, 12-15

Juste baptisé Jésus ne part pas annoncer la Bonne Nouvelle. Aussitôt baptisé, il part au désert.

Désert, lieu de silence, lieu d’intériorité pour se retrouver soi-même, pour trouver en soi Celui qui nous donne l’origine de notre être. Trouver Dieu passe par se retrouver soi-même. Trouver Dieu comme la source et le sens de ce que l’on vit, ce que l’on fait, ce pour quoi on s’engage.

L’intériorité n’a pas bonne presse dans notre société occidentale. Elle ne doit pas être confondue avec le repli sur soi ou l’égoïsme. Mais elle va contre cette logique de la « sortie de sortie de soi » constante, qui vise constamment à être vers les autres, pour les autres, avec une vie remplie d’activités, même très belles, très louables, dont on perd le sens, s’il n’y a pas le retour sur soi nécessaire pour intérioriser, comprendre, relire, donner sens à cette vie de relation. A trop valoriser ce que l’on fait dans ses sorties de soi, enfant, adolescent, adulte, on en oublie l’enrichissement de notre relation à Dieu. Se retirer de l’agitation du monde pour demeurer avec Lui, comme dans la prière, la méditation, la réflexion, la pratique des sacrements, comme lorsque l’on se retire au fond de sa chambre pour Le trouver là dans le secret, dans le secret de son cœur de sa conscience éclairée par sa Parole, voilà un enjeu de carême.

Alors, dans cette vie intérieure, nous pourrons faire ou refaire alliance avec lui. Cette alliance qui nous est signifiée par le baptême. Alliance à laquelle il faut toujours consentir. Alliance qui ne vient pas de nous, mais qui nous est donnée. Alliance comme un don de Dieu, qui ne nous demande pas un catalogue d’efforts pour ce temps de carême, d’arriver à la perfection à la force du poignet, mais qui demande de s’en remettre à son Amour. C’est la découverte de Sainte Thérèse de Lisieux : une révolution copernicienne : ce n’est pas nous qui faisons tout pour Dieu, c’est Lui qui fait tout pour nous. Nous ne faisons pas moins de choses, mais nous les faisons autrement : nous ne faisons pas le travail pour Dieu, mais nous faisons le travail de Dieu, que Dieu nous donne… La « petite voie, toute simple, toute courte » pour aller vers Lui, ce n’est pas l’escalier des œuvres et de la perfection, mais c’est « l’ascenseur » et cet « ascenseur, ce sont vos bras, ô Jésus » (Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face) !

C’est cette Bonne Nouvelle que nous pouvons ensuite annoncer…

 

Fr. Laurent

Dimanche 26 février 2012

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