Pâques et Vatican II …

La nouveauté du Salut pour tous : Pâques et Vatican II …

 

Avec Pâques et le temps pascal, nous sommes invités à reconnaître que Dieu agit dans notre histoire comme ferment de nouveauté et de Salut. C’est aussi croire que ce Salut, inséré dans la vie du monde, est pour tous. Y compris et surtout ceux qui ne s’en estimaient pas dignes ou pas capables ! C’est ce que dit à sa façon le Concile Vatican II, principalement dans sa constitution pastorale, Gaudium et Spes (Joies et espoirs). Travailler les textes du concile, oui, mais encore s’agit-il de bien saisir la volonté d’origine des Pères conciliaires. Voyons un peu quel est l’état d’esprit des rédacteurs de ces textes dont nous allons fêter les cinquante ans.

 

« Pour la première fois, on accepte maintenant une évolution du dogme, car notre connaissance de la révélation augmente dans le cours de l’histoire. (…) La révélation est en premier lieu une réalité, une histoire du Salut et pas seulement une communication des connaissances ». [1] Pour les rédacteurs de Gaudium et Spes (les Français Ancel, Ménager et Haubtmann), « les chrétiens ont besoin d’un exposé doctrinal sur leur place dans la construction du monde et sur le rapport entre cette œuvre historique et l’avènement du Royaume. » [2] Le groupe de travail français veut, à cette occasion, une dénonciation radicale des injustices. [3] « Intimement mêlée à l’histoire de l’humanité, dont elle connaît l’origine et la fin et dont elle veut être le ferment divin, profondément insérée dans la trame humaine, l’Eglise scrute avec attention, avec respect, avec amour, parfois aussi avec angoisse, ces signes des temps dans lesquels elle cherche les appels de l’Esprit. » [4] « Aujourd’hui, pour la première fois dans son histoire, l’humanité prend conscience de l’immensité de son emprise sur les choses et sur elle-même (…) Pour la première fois dans son histoire, tout homme peut devenir le prochain de n’importe quel autre (…) Pour la première fois dans l’histoire des mutations rapides et profondes se produisent, partout, dans tous les domaines (…) pourquoi chacun ne participerait-il pas à l’histoire du monde ? » Propos complétés par dom Helder Camara dans ce même travail préparatoire : « Dans le Corps du Christ, tous les membres dispersés dans l’univers et dans les siècles sont en communion intime et participent à la même histoire. L’esprit des béatitudes doit être leur loi. » [5]

 

C’est le progrès de l’humanité qui devient le centre de la réflexion et plus pour le rejeter systématiquement. « Gaudium et Spes tranche avec une longue tradition. Il part non pas d’une perspective d’Eglise, mais d’une analyse du monde tel qu’il est (…) persuadé que l’Esprit Saint travaille l’humanité et que dans les grands mouvements et aspirations du genre

 

Fr.Laurent


  1. Schillebeeckx, 28/09/64, au sujet du schéma sur la Révélation, Dei Verbum, Archives ICP, Ha 20, 496

[2] Pierre Haubtmann, Archives ICP, Ha 31, 1233

 

[3] ICP, Ha 27, 907

 

[4] Lebret, 29/04/64 ; ICP, Ha 28, 1033

 

[5] Helder Camara, 02/06/64, ICP, Ha 28, 1049